vendredi 29 juin 2012

Le Café


Un endroit désuet composé au fil du temps de tout petit rien. Un assemblage de briques et de brocs qui réchauffe la pierre mise à nue.

Il est né dans les rires et la sueur tout droit sortie d’un esprit d’ici et d’ailleurs. Une douce folie qui prend l’aspect de la vie faisant vibrer la masse au son des envies, au grée du passage des amis...

Il a été impatient d’éclore et de sortir de son nid, naviguant de bâbord à tribord tous y sont allés de leurs avis. Un lieu inédit où le rêve devient volonté de faire le rendez vous des amis...


Il est niché entre deux impasses croisement intemporel de la rue anonyme et d’un quartier plein de rimes. Arraché un soir d’été au bord de Marne, un réverbère planté là marque comme un amer l’espace de ce havre de paix au milieu d’une voie publique à sens unique.

Hivers comme été le trottoir sera encombré d’une chaise par ci, d’une plante par là, une parenthèse parfaitement délimitée par notre vieux compagnon au cuir usé.


Une devanture qui au premier abord ne paie pas de mine dans un quartier où les étrangers côtoient les architectes, où les intermittents du jour travaillent la nuit, un petit quartier de Paris où les gueux se sentent bien chez eux.
Loin du centre de la ville lumière, un endroit qui se veut populaire où sa richesse et sa mixité ne peuvent que plaire.

Il est une étape qui s’affiche comme un incontournable passage, lieu de culture et de communication, il cède aussi aux rires et à la passion. Ouvert sans complexe aux artistes avec ou sans nom, il se prête au jeu de l’exposition, offrant avec plaisir ses murs, l’espace d’un temps, quelque soit votre surnom.

Il est calme et apaisant d’une ambiance tamisée de lumière et de diversité, propice aux têtes à têtes comme à la fête. Quelque soit votre couleur, votre nationalité, vos origines cachées, vous serez toujours accueillis avec le même élan.


L’âme de ce lieu se construit au fil du temps, où d’amis en amis, chacun s’y retrouve en famille au grée de son temps. Il est un écrin ouvert sans fin pour vous choyez de milles attentions, si vous savez prendre le temps de le savourer avec passion.

Il est un doux murmure qui chuchote à nos oreilles des valeurs moyenâgeuses comme fidélité et amitié dans le plaisir de se retrouver.







Il est un soir de calme où deux amoureux se regardent avec passion les yeux dans les yeux, une pinte s’écoule doucement, une partie d’échec se joue sur le canapé, un échange discret au coin du bar entre deux rires, lorsque sans prévenir s’élève les couleurs flamboyantes du flamenco, voici pour vous l’heure de connaître la voix de Paco.
Laissez vous déjà emporter par ce chant à capella venue d’ailleurs avant que ne surgisse d’on ne sait où une toque rieuse pour l’accompagner et enflammer tous les cœurs.

C’est un petit Café qui de loin ne paie peut être pas de mine... De l’amitié Café...


L'échiquier


L’ombre et la lumière s’unissent dans le temps pour le délimiter à l’Homme un cycle immuable. Alors que lui, les opposent sur un échiquier...

Une immense étendue tissée d’ombres et de lumières accueille un assemblage ordonné depuis l’aube de l’humanité.
L’ombre alterne à la lumière, l’une et l’autre occupée en leurs seins par leurs contraires alignés face à face.

Les petits en avant, ligne simple qui masque et protège, ondulant au fil du temps de petits sauts en biais. Face à face, ils se mesurent du regard, s’opposent sans se vaincre, se dressent fièrement comme un rempart fragile liés tant et si bien à la seule volonté d’être ou de disparaître.

Une seconde ligne éphémère, tant sa survie dépend de sa faculté à se défaire. Un horizon plus grand pour deux ailes protectrices choyant un noble couple dont un seul a une réelle valeur.

Deux remparts immuables placés de chaque côté délimite de leurs prestances des bords qui ne peuvent être dépassés. La pierre semble lourde à déplacer lorsqu’il ne s’agit que de veiller. Pourtant, elle se prend d’un trait à se laisser filer au vent, au moindre écart qui lui donnera de l’élan.

De preux chevaliers en armures piaffent d’impatience de se laisser glisser dans le moindre creux. Leurs charges endiablées, droit devant, permet de masquer la dextérité du dernier tournant.

Que serait cette coure sans trublion, tantôt d’ombres si tôt de lumières, d’un trait finement tracé en travers et vous voici pris à revers. Ils sont tout entier bouffons attachés aux rires de leur Maîtresse comme à l’appel discret de leur Maître, apparence trompeuse d’une vivacité à transpercer, pour le coup d’après se retirer ou vous achever.

La Maîtresse des lieux se pare de l’éclat du soleil comme du manteau de la nuit. Elle est vive et soyeuse, câline chasseresse de cette forteresse. Elle défile pas à pas, puis dans un souffle nettoie la place, tout à tour déesse ou proie.

L’ensemble est cruel de la place de chacun, les petits devant, les grands derrière. L’espace est subtilement voilé de l’importance de d’aucun pour dans un grain plus loin montré la futilité de tous. Leur voie est tracée dans l’aube guerrière qui masque la stratégie trop réelle, l’importance ne sera que relative à la survie d’un seul.

vendredi 24 juin 2011

Un écrin de mots

Un livre est un écrin soyeux pour quelques mots perdus dans le temps qui traversent l’espace des maux, pour mots à mots faire éclore des sourires. Une histoire qui n’est n’en est pas une, une bulle de mots qui s’évadent de petites cases trop étroites pour naviguer aux creux des étoiles.


Des brins de mots offerts en bouquets dans une attention délicate, qui déstabilise le stress naissant pour inonder l’espace d’une aura rougissante.


Il devient un ami que l’on fréquente au grée de ses envies, bulle de rêves qui s’élève dans le sillon d’un coup de vent. Les lettres courent sur la page, s’assemblent pour former une farandole de mots. Ils observent, passagers du vent, lisent, un petit carnet froissé, se révoltent de la vraie vie pour simplement fleurir en bouquets. Ils sont sans faim et s’abreuvent du plaisir de s’offrir. Ils ne racontent rien sur le fil de la vie, se contentent d’aller au grée des vents.

Quelques graines de folie semées sur un fil de soie tendu dans une toile, les yeux fermés devinent que finalement la terre est si belle vue du ciel...

Il est un jardin particulier qui s’entrouvre dans l’espace entre un funambule nocturne et un regard passager. Quelques graines de folies semées d’une plume qui se lève dans l’aube d’espaces et de pointillés. Elles fleurissent naturellement d’une foule de sentiments, de paradoxes mêlés aux rêves, de vérités qui n’en sont pas. Elles ont la saveur de la sincérité de l’instant épicée d’une infime note d’espoir.

Les maux de la vie sont des enfants crédules manipulés par des adultes pervertis, ils apprennent la ruse dans la peur de montrer qui ils sont vraiment. La peur, la fausse peur de la vie est véhiculée par l’adulte qui ne sait plus offrir un sourire gratuitement.

Un livre se visite comme un ami... ou comme un coup de folie...